La forme du défaire procède par soustraction : les détails sont supprimés, le reconnaissable est obscurci, afin que ce qui reste soit ressenti plutôt que décrit…
Ma pratique photographique explore des états de transformation, ces moments où une forme se dissout pour devenir autre chose. Dans La forme du défaire, je procède par soustraction : je supprime des détails et brouille ce qui est reconnaissable, afin que ce qui demeure soit ressenti plutôt que décrit. Cette démarche est nourrie par ma propre expérience de la perte de vision.
La forme du défaire se situe à la lisière du paysage, là où la forme photographique se défait. Ces œuvres invitent le regardeur à demeurer dans un moment irrésolu plutôt qu’à chercher une résolution, en considérant que le sens se construit à partir de ce qui a été retiré, dans l’espace entre l’effondrement et le devenir.
Ces images sont créées à l’aide de la technologie LiDAR plutôt qu’avec un appareil photographique conventionnel. Le LiDAR permet de traiter les données spatiales comme une matière destinée à la création d’images. Au lieu d’enregistrer la lumière réfléchie à travers un objectif, il émet des impulsions laser et mesure le temps qu’elles mettent à revenir. Ce procédé produit un « nuage de points » tridimensionnel, composé de milliers, voire de millions de points mesurés décrivant les surfaces, les distances et les formes.

